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  Qu'est ce que la pédagogie Suzuki?  

Sinichi Suzuki 

Sinichi Suzuki naît à Nagoya, au Japon, en 1898. Ses parents y sont propriétaires d’une fabrique de violons. Ce n’est qu’à l’âge de 17 ans qu’il entreprend l’apprentissage du violon. Après quelques années, il part étudier à Berlin dans la classe de Karl Klinger pendant huit ans.

 

En Allemagne, il fait la connaissance de grandes personnalités musicales mais aussi du Dr. Albert Einstein (avec qui il fera de la musique de chambre), Albert Schweitzer, Alexander Kaufmann, Adolf Busch et d’autres encore qui enrichissent sa connaissance de la culture européenne. C’est ici aussi qu’il rencontre sa future femme, Waltraud.

Lorsqu’il rentre du Japon, il devient professeur au conservatoire Impérial de Tokyo, où il applique la méthode traditionnelle. Par ses concerts, en tant que soliste et chambriste, il fait connaître la musique occidentale au Japon.

 

C’est en 1931 qu’il se confronte pour la première fois au problème de l’éducation musicale des tout petits enfants. En effet, un ami à lui le sollicite pour qu’il donne des cours de violon à son fils âgé de 4 ans. « Le père me demanda d’enseigner le violon à son fils. A cette époque-là, j’ignorais complètement comment entraîner un enfant aussi jeune, et me demandais ce que je pourrais bien lui apprendre. Je n’avais aucune expérience en la matière… J’y songeais du matin au soir… Un jour, j’eus comme une soudaine illumination : tiens, tous les enfants japonais parlent japonais ! Cette constatation me fit l’effet d’une lumière qui brille dans les ténèbres… En effet, tous les enfants de quelque pays qu’ils soient bénéficient d’une donnée éducative parfaite : leur langue maternelle. Pourquoi ne pas l’appliquer à d’autres facultés ? »

 

A partir de cette « illumination », Suzuki s’est longuement interrogé. Pourquoi ne pas calquer la manière dont une mère apprend à parler à son enfant pour mettre au point une méthode naturelle d’éducation des petits ? La deuxième guerre mondiale a malheureusement interrompu ses recherches.

 

En 1945, il devient professeur à l’Institut de l’éducation du Talent de Matsumoto. Il y applique ses vues personnelles d’enseignement : donner aux petits la joie de vivre par la musique.

 

Le professeur Suzuki, décédé à la veille de ses cent ans, a développé non seulement une méthode d’éducation, mais aussi une philosophie fondée sur le respect de l’enfant en tant qu’individu et sur la conception que l’habileté s’apprend, se développe et ne s’hérite pas. Il appelle donc sa méthode « Education du Talent ».

Le Parent

La première idée qui me semble fondamentale dans cette pédagogie est l'importance du Parent. 

En effet, le professeur, l'enfant et le parent sont indispensables au fonctionnement de la méthode. Ils sont tous les trois irremplaçables. Un triangle se forme. 

Le professeur enseigne au parent les rudiments pour que celui-ci devienne le relais à la maison. Ainsi, il comprend mieux les difficultés et les exigences de cet apprentissage. 

En observant un enfant apprendre à parler sa langue maternelle, Suzuki a eu l'envie de transposer ce fonctionnement à l'apprentissage du langage musical. Le parent ressent de la joie lorsque son enfant prononce un mot, cette joie est au départ de l'apprentissage, une grande motivation pour l'enfant. 

La répétition et le répertoire 

En appliquant cette méthode de la langue maternelle à l'instrument, Suzuki a fait de nombreuses correspondances. Parmi celles-là: l'importance de la répétition.

L'enfant doit prendre du plaisir à répéter ce qu'il a appris à dire ou à faire. Il répète son nouveau mot encore et encore car il prend du plaisir et ses parents aussi. Il ne se lasse jamais de ce plaisir. 

En révisant sans cesse les morceaux connus, en même temps que l'apprentissage du nouveau morceau, l'élève, dès le tout début, se construit un répertoire. Il prend du plaisir en jouant des morceaux plus faciles et qu'il maîtrise bien, dans lesquels il peut se sentir à l'aise et laisser libre cours à sa sensibilité. Et puis si on lui demande: "tu joues du violoncelle? J'adore le violoncelle! Peux tu me jouer un morceau s'il te plaît?", il ne se sent pas désemparé et au contraire, éprouve encore une fois ce plaisir de pouvoir jouer des morceaux et bien les maîtriser. 

 La leçon de groupe  

La leçon de groupe est primordiale dans cette méthode. Elle intègre l'enfant dans une micro-société. Et favorise son ouverture aux autres. 

Souvent c'est la leçon moteur! 

Ainsi il développe de nombreuses capacités telles que l'écoute, l'attention, la concentration, le respect d'autrui , la patience... Et la vivacité!

Toutes ces qualités difficiles à obtenir sont ici intégrées simplement grâce aux jeux et à l'ambiance de tout le groupe. 

Bien sûr, cela inscrit aussi son apprentissage dans une réalité plus concrète, il joue souvent devant les autres, avec les autres et est attentif à ce que font les autres. Cela agrandit sa perspective. 

"Une image vaut mieux que mille mots" est un proverbe chinois cité par le professeur Suzuki qui soulève l'importance d'être dans l'action. C'est passionnant de se replacer dans le monde de chaque enfant, de parler à son imaginaire, de le nourrir. En passant par le ressenti visuel, auditif, physique.  

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